On a tellement identifié le “nouveau journalisme” des années 60 à ses plus bruyants représentants, Tom Wolfe et Hunter S. Thomson, qu’on en a oublié quelques autres sur le bas-côté de la route traversant la scène américaine, dans les colonnes ou en dehors du magazine Rolling Stone. Il a donc fallu que Grasset publie il y a deux ans son magnifique récit L’Année de la pensée magique,et qu’il soit couronné du prix Médicis de l’essai, pour que les Français s’avisent que Joan Didion avait une voix singulière. Ce qui nous vaut aujourd’hui l’heureuse parution de L’Amérique (traduit de l’anglais par Pierre Demarty, 347 pages, 19 euros, Grasset), l’Amérique tout simplement (dommage qu’une fois de plus, l’éditeur ne prenne pas la peine de préciser le titre originel), un recueil de ses chroniques de ses années 1965-1990.