Peredelkino, le paradis perdu - Le Courrier de Russie

À six kilomètres à peine de Moscou, une oasis de verdure. En 1934, à l’issue du premier congrès de l’Union des écrivains, Staline lui offrit, en jouissance perpétuelle, cinquante-sept hectares de forêt, et y fit élever autant d’ « ateliers d’écriture », pour que les ingénieurs de l’âme puissent s’isoler de la fureur de la ville et créer paisiblement. Les écrivains les plus méritants obtenaient l’usufruit du domaine jusqu’à la fin de leurs jours. À leur mort, un confrère, inscrit sur liste d’attente, emménageait. Et ainsi de génération en génération. Avoir une adresse à Peredelkino, c’était être reconnu par ses pairs et, à tout le moins, toléré par le Parti. Le village hébergea Isaac Babel et Lilya Brik, Alexandre Fadeev et Ilya Erinbourg, Boris Pasternak et Boulat Okoudjava, pour ne citer qu’eux.

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