La revue des ressources : La galerie VICTOR-EMMANUEL à Milan

L’idée d’une rue couverte de douze mètres de large n’est pas au goût de tous. Elle sera flanquée de sept étages –quand les précédents déjà surprenaient d’en avoir deux ou trois. Des écrivains s’y opposent, et le projet suscite des débats passionnés. En 1864, Giuseppe Mengoni décide d’y ajouter une rue. Le plan d’ensemble sera celui d’une croix savoyarde, l’emblème de la dynastie. Les proportions de la coupole reprennent à l’identique celles de Saint-Pierre de Rome. La galerie s’impose définitivement comme cathédrale laïque et bourgeoise, entièrement vouée au culte de la marchandise et à la religion du progrès. Les allégories de la science, de l’art, de l’industrie et de l’agriculture prennent ici tout leur sens. Le gros œuvre est achevé en deux ans et demi, grâce au concours d’un millier d’ouvriers. Dix jours plus tard, malgré un soleil éclatant, un passant la traverse le parapluie ouvert. La foule devient aussitôt menaçante. Il replie son camouflet.

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