Birmanie et Iran : l'illusion des sanctions - Yves Thréard
Le retrait de Total de Birmanie ne changerait rien à la politique de cette dictature. D'abord, les accusations de connivence avec le régime portées contre la compagnie française sont un peu rapides. Ensuite, il est évident que si Total partait, le voisin chinois s'empresserait de prendre le relais. Pékin, puissant allié de Rangoun, ne demande d'ailleurs que cela. Pour que les militaires soient asphyxiés, il faudrait que tous les pays de cette région d'Asie rompent leurs relations commerciales avec la Birmanie. Inimaginable tant que la Chine veillera au grain.
Que faire contre l'Iran ? Depuis l'avènement de la République islamique et la prise d'otages à l'ambassade américaine en 1979, le pays vit sous le coup des sanctions des États-Unis. Si celles-ci avaient eu un quelconque effet, il y a longtemps que les mollahs auraient disparu. Ses raffineries étant désuètes, l'Iran doit acheter 40 % du carburant qu'il consomme. Empêcher ces importations ? Impensable car, une fois encore, la Chine viendrait au secours. Comme Moscou, Pékin a félicité Ahmadinejad de sa victoire à l'élection présidentielle.
