A Kaboul, la rue démobilisée - Libération
«Pourquoi irais-je voter ? Depuis ce matin, personne ne m’a proposé le moindre travail. C’était différent lorsque je vivais en Iran et au Pakistan. J’ai commis l’erreur d’écouter Karzaï, qui a demandé aux réfugiés de rentrer, lance avec une grande véhémence Jan Mohammad, Pachtoun de 25 ans. Chaque soir, quand je rentre, ma femme et mes enfants me demandent : où est le pain, où sont les fruits que tu devais nous rapporter ?» Impossible de continuer la conversation. La présence d’un journaliste étranger a fait converger tous les tire-goussets du coin. Ehsan Mehrangais, le directeur d’une association qui s’occupe des enfants des rues, avait prévenu : «Les pauvres ne vont pas aller voter. Cela ne les concerne pas. Ils ont d’autres soucis. Comme ils sont analphabètes, beaucoup ne comprennent même pas de quoi il s’agit. S’ajoute, bien sûr, la crainte des talibans.»
via liberation.fr

